La douleur, qu'est ce que c'est?

Selon l’association internationale pour l’étude de la douleur (IASP), « La douleur est une expérience émotionnelle et sensorielle désagréable, associée à une lésion réelle ou potentielle ». Cela signifie :

  • La sensation douloureuse est toujours accompagnée d'une émotion désagréable, qui est une partie intégrante de la douleur.
  • Une douleur ne correspond pas nécessairement à une lésion physique observable.
  • Contrairement à ce que l'on entend souvent, notamment dans le cas de douleurs chroniques, la question n'est jamais de savoir si notre douleur est "réelle ou psychologique". Une douleur est toujours "dans la tête", car obligatoirement relayée par notre cerveau.

La douleur est avant tout un signal, qui nous sert à modifier notre comportement pour préserver notre corps. Elle est indispensable à notre santé. Comme l'émotion, elle est unique dans son expression et ses raisons. La question est de savoir de quel type de douleur on souffre pour adapter la meilleure réponse possible.

 

La souffrance que nous percevons a en réalité trois composantes :

  • la composante sensorielle, dite aussi « nociceptive », qui est le message d’information transmis par notre système nerveux et décodé par notre cerveau pour nous indiquer que nos tissus subissent une agression.
  • la composante « affectivo-emotionnelle » de la douleur. Parce que chaque douleur engendre une émotion et parce que, la douleur et l’émotion empruntant des voix nerveuses connexes, les émotions négatives emmagasinées engendrent des messages de douleur. Tant que nous gardons en nous ces émotions, notre cerveau y associe la douleur…C’est par exemple le cas lorsque nous avons subi un accident grave et un traumatisme. Le traumatisme alimente la douleur et la douleur nous rappelle le traumatisme … Mais c’est aussi le cas lorsque nous nous sentons en colère ou impuissant contre nos difficultés de santé. Il n’est pas rare non plus que notre cerveau complète un message émotionnel par un message douloureux, comme pour mieux attirer notre attention. Nous ressentons alors des douleurs, alors que notre difficulté réelle est d’une autre nature : difficulté relationnelle, burn out, etc…
  • La composante « cognitive » de la douleur. En effet, notre cerveau classe la douleur dans la catégorie des événements désagréables. Mais il fait  bien plus : il la classe dans la catégorie des événements dangereux, lassants, désespérants, injustes… et il anticipe les complications que cela va apporter à notre vie. Ces pensées-là génèrent un stress physiologique et émotionnel qui réactive et amplifie la douleur.